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lundi 12 janvier 2009

Le loup....toujours sous l'empire...

C’est en 1804 que le service de louveterie est fondé pour lutter contre la profusion des loups dans les campagnes. En effet, malgré les nombreuses battues organisées et l’augmentation de la prime distribuée aux chasseurs, les dégats humains et économiques causés par les loups sont énormes (A Varzy, dans la Nièvre, ils tuent sept enfants et blessent une vingtaine d’adultes). Les résultats des mesures prises ne se font pas attendre : Selon Boris Dänzer-Kantof, « en une dizaine d’années, c’est près de 15 000 animaux qui sont abattus. » En 1792 la chasse aux loups avait été suspendue. Elle reprendra 5 ans plus tard : on donnera 40F pour un loup mâle abattu, il faut apporter la tête coupée ou au moins l’oreille gauche ! Entre temps les ravages affolent la population pinoise. Le 28 fructidor an IV depuis sa maison dans le bourg du Pin, le commissaire Terrier, conscient de ses responsabilités, lance un appel pathétique aux autorités pour organiser la chasse aux loups. Nous reproduisons son texte avec l’exactitude qui lui garde son piment,et ceci dans le prochain article...En attendant profitez en pour aller faire un ptit tour sur les blogs de la barre latérale droite....oui juste là,à coté////des blogs à voir,à visiter,à s'abonner,à savourer...bref,allez y ça vaut le détour et cliquez sur l'image du loup et dites vous bien que tout ces blogs ne sont pas forcément en rapport avec les loups....bah oui y a pas que ça non plus...bon voyage................

dimanche 11 janvier 2009

Le loup,sous l'empire.

Depuis les années 1990, la question du retour du loup en France suscite les controverses passionnées et les oppositions d’intérêts entre les éleveurs et les écologistes. Les sources d’Ancien Régime, étudiées par l’historien Jean-Marc Moriceau, et les témoignages écrits des contemporains, nous renseignent sur les rapports entretenus autrefois entre l’homme et le loup. A titre d’exemple, voici le témoignage, teinté d’ironie, de François-Auguste Fauveau de Frénilly, alors retiré dans son château de Bourneville, dans l’Oise, au début du XVIIIe siècle : « Les loups foisonnaient dans la forêt. A la faveur de la Révolution, ils avaient prospéré dans les campagnes comme les tigres dans les villes. On avait soigneusement détruit les cerfs, les daims et les chevreuils, tous aristocrates qui se mangent ; mais quant aux loups, gibier révolutionnaire qui mange les autres, on les avait laissés croitre et multiplier en paix. L’abandon de l’immense forêt leur avait fait une patrie paisible où les cors ni les chiens ne les incommodaient jamais. Dans mon parc intérieur qui avait alors beaucoup de portes, mais peu de murailles, ils se promenaient familièrement la nuit : nous en entendions sous nos fenêtres, et le matin on voyait le long des perrons leurs larges pattes imprimées dans le sable. Les bergers n’osaient parquer qu’avec de bons chiens, un ou deux fusils chargés et des mèches enduites de poudre qui brûlaient toute la nuit et dont l’odeur écartait les loups. Mais le loup est l’animal le plus fin de la nature. Mon premier berger, mon “majoral”, était un personnage important, décoré d’une médaille par la Société d’agriculture et renommé dans le pays comme le roi des mérinos ; avec cela mauvais sujet et ivrogne, qui comptait fort mal son peuple et se souciait peu que les loups mangeassent pour cinq ou six cents francs de côtelettes à son maitre. Un soir, il avait rentré son troupeau en oubliant trois béliers dans le parc extérieur. Le matin, lorsqu’il fut dégrisé, il les chercha, et, auprès d’une des portes du petit parc, il trouva leurs cornes et leurs sabots au milieu d’un vrai champ de bataille, avec toutes les traces d’un combat à outrance et des empreintes qui prouvaient la présence de trois loups au moins. Je fis placer les débris aux environs ; on les entoura de pièges, et cette ruse de guerre se continua pendant huit jours ; pas un loup n’approcha. Qu’on juge tout ce que cela suppose en eux de calcul et de réflexion. Il fallut plusieurs années, la renaissance de l’ordre, les chasses multipliées et le règne de Bonaparte pour réduire cette peuplade à un petit nombre dont les louvetiers conservaient la graine afin d’avoir le plaisir de les chasser. »

samedi 10 janvier 2009

Histoires de...du loup;5ème partie:Fin...

Dans le dernier cas, le loup cherche aussi à s’emparer d’un petit enfant. Est-ce vraiment par goût de la chair humaine, ou bien parce que la résistance opposée était faible ? Quoi qu’il en soit, ces récits sont du passé. De nos jours, même à pied et la nuit, on ne risque plus d’être attaqué par un loup. Il n’y en a plus, à part quelques tentatives de « réinsertion », et certains parcs zoologiques ou animaliers qui en détiennent quelques uns. Par contre, on risque bien plus de rencontrer encore quelque rôdeur ou quelque mauvais larron, qui tentera de vous soustraire le portefeuille, en vous bousculant, voire en vous frappant méchamment ! Et les petits enfants ? Frissonnent-ils encore lorsqu’on leur raconte des histoires de loups ? Si toutefois on en raconte encore... Deux livres à lire sur le sujet : Marie-Jeanne, sorcière de Flandre aux Editions « le Marais du Livre » et « La baronne de Draek », la Dame au Loup de Marie Pette-Debril. Il existe des légendes au Québec, dans la région de Trois-Rivières qui portent sur les loups, loups-garous, bêtes féroces en tout genre. Souvent ces légendes sont associées à des hommes et à des femmes, en proie à une inquiétude suscitée par des villages qui s’urbanisent, ne serait-ce que par la venue d’une industrie du bois, la conquête de nouveaux territoires suite au déboisement, la proximité avec une nature souvent méconnue, la malédiction que l’on associe aux épidémies, aux malheurs, au mauvais sort.

Histoires de...du loup;4ème partie:L'instinct de survie.

Voici un autre récit d’attaque de loup, mais, cette fois, probablement enragé, qui sema l’effroi dans un village, et fut combattu par les hommes jusqu’à ce que ceux-ci réussissent à en avoir raison. L’histoire se passa à Premières, village situé en Côte d’Or, non loin de Dijon, entre Genlis et Auxonne. Dans la nuit du 27 au 28 septembre 1809, un loup pénétra dans l’enceinte de ce village. Il se présenta tout d’abord à la porte d’un bûcheron, qu’il a fortement secouée. Celui-ci, éveillé par le bruit, constate qu’il s’agit d’un loup, s’arme d’un bâton ferré et aperçoit l’animal qui, avec ses dents, brisait une légère cloison. S’en approchant avec méfiance, il réussit à lui porter plusieurs coups qui le font lâcher prise. Devenu furieux, l’animal fait quelques autres dégâts, et finit par pénétrer dans l’étable d’une maison voisine. Il mord le chien qui était arrivé sur place, puis se jette sur une vache dont les beuglements réveillent également les maîtres de la maison qui, prévenu par le coupeur de bois que l’animal est enragé, rentrant dans la maison, et se contentent de réussir à l’éloigner, non sans l’avoir vu renverser une ruche et mordre leur pourceau. L’animal ne s’en tient pas là ! A travers la fenêtre d’une autre maison qu’elle avait brisée, cette bête féroce allait réussir à enlever un enfant dont le berceau était posé sur une table très proche, lorsque heureusement un chien lui saute à la gorge, le terrasse, l’entraîne près du domicile de son maître. Celui-ci, un nommé Tabard, vole au secours de son chien, et, en ouvrant sa porte, le chien et le loup se précipitent dans la chambre, et s’y livrent à un nouveau combat. Les deux filles de Tabard accourent aux cris de leur père, qui luttait aussi contre son dangereux hôte. L’une d’elle, en cherchant de quoi faire de la lumière, a les deux mains prises dans la gueule du loup ; sa soeur les lui dégage à l’aide d’une serpe. Enfin, on parvient à allumer une lampe, et le loup s’enfuit à la vue de la lumière. Mais Tabard, qui s’était ressaisi, avait eu le temps de s’armer d’un fusil. Il ajuste l’animal, tire, l’étend par terre, l’achève ensuite à coups de massue. Fallait-il que ces loups soient vraiment affamés pour ne pas craindre de s’aventurer dans les villages et tenter de pénétrer dans les maisons !...à suivre...

Histoires de...du loup,3ème partie:accusé à tort?...

Quelques mois plus tard, en octobre, un animal féroce répandait la terreur depuis quelques jours dans ce premier arrondissement du Gard : comme autrefois la « bête du Gévaudan », la « bête des Cévennes » exerçait ses ravages dans cette contrée. Cette bête, quoi qu’on en dise, était un loup, mais, cette fois, en cette saison, qui devait être affamé. Toujours dans la même région, le 2 octobre, à dix heures du matin, tout près du hameau de Planzolles, à environ une lieue de Genolhac, un petit garçon âgé de six ans gardait un troupeau avec son grand-père, vieillard de 80 ans. Une chèvre s’étant écartée du troupeau, le vieillard ordonna à son petit-fils de la chercher et de la ramener. L’enfant obéit et, l’instant d’après, la chèvre rejoignit le troupeau. Mais l’enfant ne reparut point. Le grand-père, inquiet, parcourut les environs pour le trouver, sans résultat. Ayant alerté les gens du voisinage, on le chercha de tous côtés pendant le reste du jour et toute la nuit. Mais ce ne fut que le lendemain, qu’on trouva, avec ses vêtements ensanglantés, les traces de son corps dévoré, dont il ne restait que quelques ossements et une partie d’un bras avec la main. Le 6 du même mois, vers 18 heures 30, une petite fille de sept ans qui habitant Malenches, un village des environs de Genolhac, qui jouait dehors, s’était un peu écartée de sa maison. Ses parents s’aperçurent bientôt de son absence, et commencèrent à s’alarmer, surtout lorsque quelqu’un rapporta l’avoir entendu crier et appeler sa mère. Des recherches sont entreprises aussitôt, et au bout d’un moment, on ne trouva d’elle que ses habits déchirés et teints de sang, quelques os et la tête entière. Ce qui a servi à accréditer l’opinion que l’animal qui a fait ces ravages n’est pas un loup, mais plutôt une hyène, ou quelqu’autre bête féroce, ou même un monstre, c’est que, contre l’instinct bien connu des loups, celui-ci laissa la chèvre pour dévorer l’enfant. Il ne faut pas voir une préférence dans ce premier cas de sa férocité contre l’espèce humaine. Il est bien plus vraisemblable que la chèvre ayant vu de loin son ennemi, prit la fuite, et que l’animal carnassier, voyant qu’il ne pouvait pas atteindre sa proie, et qu’elle allait rejoindre le troupeau qui était gardé par un homme, se jeta sur l’enfant qui se trouvait isolé et qui, à cause de sa petite taille, ne pouvait lui opposer une grande résistance. Mais que penser du deuxième cas, celui de la petite fille ? Il n’est peut-être pas étonnant qu’après avoir tâté de la chair humaine, cet animal l’ait préféré à toute autre, et qu’il ait attaqué des enfants, et même des hommes, pour satisfaire sa faim...à suivre...